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poésie

  • Produit fini

    PRODUIT FINI


    Je suis triste et vide comme une galerie marchande un jour férié,
    Les rideaux ont été tirés
    Même l'air est conditionné
    Derrière les vitrines, les richesses enfermées
    Me paraissent comme abandonnées
    Je suis un produit fini prêt à consommer
    Desséchée de sa substance, lyophilisée et pasteurisée
    Allégée, écrémée et édulcorée
    Qui a la même saveur que l'authentique et le vrai
    Un produit de synthèse des amours ratées
    A consommer de préférence avant mes trente trois années
    Puis vomi sur une aire d'autoroute abandonnée.


    Ecrit le quatorze juillet 2005, j'ai eu 33 ans en novembre 2005.

    N'ai plus reecrit de poêmes depuis...

  • Ex utero

    Février 2004


    EX UTERO



    Roulée en bouche au fond de l’amer

    Ce cœur battant n’est pas le mien

    Rien ne me semble délétère

    Du fonds de la grotte, je ne crains rien





    Derrière les murs, j’entends des cris

    Vibrations étranges d’un au-delà

    Et m’enivre de breuvages exquis

    Eve en construction dans ces effluves de plasma





    Je ne sais rien mais connaît ma puissance

    De n’être rien qu’un noyau fragile

    Mais je sens approcher l’échéance

    D’un vide immense et inutile





    Soudain la mère se déchaîne en tempête

    J’étouffe dans cet antre devenu minuscule

    Aspirée par des parois qui se resserrent

    Et des doigts qui me manipulent





    L’air me brûle les poumons

    Hurlante de révolte et d’indignation

    Nostalgie d’un paradis rouge bonbon

    Catapultée dans un monde sans raison
  • En corps libre

    EN CORPS LIBRE


    Mince, que sont devenus les corps des seventies
    Fières matrones militantes et guerrières
    Contre les hommes, tombant les chemises ?
    S’indignant dans les fêtes de l’humanité soumise.

    Cherchant des relents de liberté déchue
    Dans les régimes totalitaires des magazines
    Torturées volontaires des salles de gym
    Par le corset des muscles tendus

    Arrêtant de fumer et de boire
    Sacrifiées sur l’autel de la déesse santé
    Errant dans les supermarchés du soir
    Au rayon des désespoirs surgelés

    Seule dans ton bureau, tu t’imagines
    N’étant plus une femme admirée
    Robe indienne, crinière au henné
    Nostalgie du bois des valeurs sublimes