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12/07/2010

No sex tonight

 

Non ma fille, je n’irai pas baiser !

Belle gageure pour Peggy Sastre, féministe et hédoniste, que de frapper chez ceux que le sexe ennuie profondément. D’autant plus que son enquête sur les asexuels, ceux qui ne pratiquent pas la sexualité, soit toute personne qui "ne ressent jamais d’attirance sexuelle et/ou n’a qu’un intérêt très faible, voire inexistant pour la chose sexuelle (séduction, érotisme, sensualité)" , est menée de façon relativement neutre, sans a priori ni volonté de faire pencher le propos des interrogés vers une explication toute trouvée. Il n’est pas anodin, dans la société hypersexualisée qui est la nôtre, que des personnes découvrant leur "asexualité" ou leur orientation asexuelle (car l’asexualité semble ouvrir le chemin d’une 4ème voie du sexe, après les gays, les bi-, les trans-, celle du non-sexe) fassent leur "coming-out", c’est-à-dire qu’ils affirment, assument et rendent visible leur identité. Pas anodin non plus de se constituer en communauté à l’heure des réseaux sociaux et du net. Mais quid de l’asexualité ? Comment peut-on être asexuel ? Comment peut-on ne pas avoir envie de faire l’amour, de chercher l’excitation dans les bras et sous les doigts des autres, de baiser, de jouir, bref d’être (é-)mus par le sexe ?

Peggy Sastre entame sa réflexion autour du désintérêt pour le sexe avec Tolstoï et La Sonate à Kreutzer, texte dans lequel Tolstoï a voulu défendre la chasteté selon l’idéal du Christ, contre "la conviction solide, commune à toutes les classes et appuyée par une science mensongère, que les rapports sexuels sont indispensables à la santé" . Tout au long de l’essai, Sastre s’efforce de distinguer l’asexualité de l’abstinence et de la chasteté et pose que : "l’asexualité désignera dans cet essai un rapport minoritaire de certains individus à la sexualité" selon le "parti pris de considérer l’asexualité comme un comportement comme un autre" .

L’asexuel-le n’est donc ni chaste ni abstinent-e, ni un-e ado attardé-e effrayé-e par son corps qui se transforme, ni un-e frustré-e retiré-e de la vie sociale et des échanges en tous genres qu’elle implique. L’asexuel-le peut vivre en couple, avoir des rapports sexuels, se masturber, même avoir des enfants mais, pour elle ou lui, ce qui touche au désir sexuel est indifférent. Le sans-désir n’est ni atteint d’une pathologie ni ne se comprend comme tel, son indifférence au désir sexuel n’est pas un problème pour lui.

Titre du livre : No sex. Avoir envie de ne pas faire l'amour.
Auteur : Peggy Sastre
Éditeur : La Musardine
Date de publication : 25/02/10

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