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28 décembre 2003 : fin ?

Paris, le 28 décembre 2003

 

Ma Sœur,medium_believe.gif

 

J'ai retrouvé vos lettres dans la chambre de Charlotte et je me permets de vous écrire car je crois que vous étiez liée à elle.

 

Je suis désolée de vous apprendre que ma nièce est décédée dans la nuit de Noël.

Depuis cet été, elle s'est laissée aller, cessant peu à peu de manger et j'ai été obligée de la faire hospitaliser le huit décembre dernier.

J'ai trouvé sept lettres de vous depuis cet été où vous lui faisiez part de votre inquiétude et j'ai compris qu'elle ne vous avait jamais répondu.

Je crois qu'il n'y avait rien à faire, on ne pouvait pas la sauver. D´un bout à l'autre, sa vie a été un long calvaire d´autodestruction : sa fin ne pouvait être que dramatique.

C’est difficile à avouer mais je crois qu’elle attendait la mort comme une délivrance : il y a des gens qui ne sont pas faits pour la vie et qui portent des poids trop lourds en eux.

 

Je tenais seulement à vous faire savoir que Charlotte a gardé la Foi et qu’elle était persuadée de rejoindre le Christ au Paradis.

Quelques jours avant sa mort, dans un état d’extrême faiblesse, elle avait copié sur un cahier une citation de Sainte-Marguerite de Cortona :

« Mon Père, je n’ai nullement l’intention de faire la paix avec mon corps et mon âme et encore moins de faire marche arrière.

Permettez-moi par conséquent d’apprivoiser mon corps et mon âme sans rien changer à mon régime. Je ne cesserai que lorsqu’il n’y aura plus de vie en moi.

Ne croyez pas que mon corps soit aussi mortifié et faible qu’il en a l’air. Il se comporte ainsi pour éviter de payer la dette qu’il a contractée au monde lorsqu’il en aimait les plaisirs.

Oh mon corps, pourquoi ne m’aides-tu pas à servir mon Créateur et mon Sauveur ?

Pourquoi n’es-tu pas aussi prompt à m’obéir que tu ne l’étais à désobéir à ses commandements ?

Ne te lamente pas, ne pleure pas, ne fais pas semblant d’être à moitié mort. Tu porteras la totalité du fardeau que je place sur tes épaules.

J’espère non seulement m’abstenir de toute nourriture terrestre mais je veux aussi mourir mille fois par jour si c’est possible, dans cette vie mortelle qui est la mienne ».

 

Ces écrits, elle vous les a adressés et le soir de Noël, un prêtre est venu à son chevet lui administrer l’extrême onction comme elle le souhaitait.

Elle avait demandé dans son testament d’être enterrée et non incinérée.

Son corps repose au Père Lachaise, allée 27.

 

Merci pour tout ce que vous avez fait pour elle.

 

Eléonore, tante de Charlotte.


Le 31 décembre, sur la tombe de Charlotte, on pouvait voir une plaque de marbre :medium_cimetiere3.jpg

 

« AINSI SOIT-IL

Pélagie »

 


FAIM

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